C'est quand l'humilité ? Où retrouver la simplicité — effarante ! — des jeux d'antan ? Où sont donc perchés nos regards depuis la majorité ?
Billets, contraintes, ascension, il y a toujours plus à conquérir, tant de coeur à l'ouvrage pour dérouler un tapis rouge déjà maintes fois foulé...
On se questionne chaque matin sur ce qui doit nous agiter, le nez dans le café, les doigts déjà crispés sur ce foutu agenda mouvant. On éborgne du regard les tentations de l'extérieur, le passage du vent contre les joues roses, ces géants platanes trop courbés au bitume, le souvenir déjà vacillant des heures près des souches endormies. Non, on les écarte d'une main suffisante, parce que la conquête des autres demande tant d'attention et de tripe que, l'éphémère, l'intangible, le chiche et l'impensable se regardent en chiens de faïence pendant que nous ascendons — en crise.
« Et donc, où se trouve cette foutue humilité par ces temps de réussite forcée ? » je m'étais demandée avant de lancer ma dernière course.
Tout ce dont je me rappelle, c'est le son de l'horizon, un fracas à peine audible où je dansais, je dansais contre la vague. Pieds emmêlés, j'ai trébuché sur mon amas de choses à faire — la liste me regardait d'un air affreux, contrarié. Je lui ai gueulé mon silence intérieur, ce trop long néant.
J'ai gueulé en dansant contre la vague, à qui voulait bien me capturer, en chair et en larmes tandis que 2013 naissait.

Échappée lumineuse par Alex Point., stylisme par Lucile Durdan.


C’est très joli, le texte comme la photo, et c’est bien agréable le matin au café