4 jours loin et la porte passée, le chat se fait insistant à chaque foulée.
Le mal du pays, mais Dieu sait quel pays réellement, puisque mes pas tournent en rond depuis des mois, dans des circonvolutions éperdues, sans savoir ce que je perds, sans laisser de chance au renouveau.
Le chat et ses repères quotidiens. Mais je n’écoute pas ses miaulements, à dire vrai, peu de son émerge à mes oreilles. Madame l’araignée est vorace et tisse fin autour des cheveux, la trame s’est resserrée, et, l’unique voix n’a même plus de sens. Je me raccroche, et puis, je me noie, le chat est toujours là, mais veux-tu me laisser à la fin?
Racines bienveillantes, vous avez permuté en piège grossier, et de cette liberté chérie, j’ai trébuché une première fois contre mes limites, sans même regarder s’il fallait voir un signe, une remontrance, une ébauche de déchet. Non, je n’ai rien noté, je file droit comme je sais si bien faire, à tracer des lignes alors que tout le corps se disloque.
Je vous mens, et puis pas vraiment, ça dépend des jours, ça dépend de vous… une histoire de surface qui se désagrège certaines nuits, quand le chat quémande ce dont je suis incapable de reconnaitre, quand les yeux se ferment et imaginent l’étendue bleue, vue du fond, noire.
Tais-toi donc et essaie d’être forte, esseulée dans mes fantasmes, dérive, du bord où je vous aperçois, ici et là, sans savoir quoi vous dire alors que le cœur sait quoi crier, la bouche voilée de toile, le chat contre la jambe, bordel je ne suis pas de bonne compagnie ce soir, l’as-tu seulement compris?
Je reconnais la vague, la lourde, de fond, la vague reniée, je la renie encore, et je sais qu’elle finira par abattre ce que j’imaginais défenses, elle lessivera, elle apaisera, si je les écoute, elle, le chat et ce qui se trame ici bas.