Paris-Lyon. Dans les wagons-restaurants, les années défilent, les voyages ne se ressemblent pas.
2002. Première rupture et première baffe. J’étais venue sur un coup de tête voir la moitié brune d’alors et j’étais remontée dans le train la rage au ventre, les larmes abondant le visage. Ensanglotée dans la voiture 4, un inconnu avait tenté de me réconforter. J’avais parlé, beaucoup, raconté comment l’autre avait dû larguer du lest. La Laeth était larguée mais est ressortie du train un peu plus apaisée.
2008. Concert des BlackRain à Cergy Pontoise. Défoulement corporel et fin de nuit sous whisky tout contre M. Je n’aurais pas dû repartir le lendemain, mais je ne le savais pas encore, même avec ce rendez-vous galant sur Lyon le soir-même. Abus ne trompe pas, zombie encore éméchée dans le métro parisien, démarche hésitante jusqu’à la voiture 4, pour finalement passer la majeure partie du voyage la tête au dessus des toilettes chimiques. J’ai quand même assuré le soir même, on ne se refait pas.
2010. Oh oui, le monde est petit mais l’histoire ne se répètera pas. Je suis repartie de ma première fournée parisienne de l’année en oubliant mon billet de train chez Bab. Donc, direction voiture 4. Et les lignes, et la vitesse, et les fantasmes prennent la forme brune d’il y a presque 8 ans, après les retrouvailles hasardeuses d’il y a trois jours à Dillinger Escape Plan. Divagations cérébrales, en reprenant le train du Paris démoli de 2002. Divagations en points de suspension pour peut-être reprendre la conversation dans deux petits mois. Il n’y aura plus de neige derrière les vitres du wagon-restaurant, juste un peu d’espoir sous forme de page blanche où le léopard pourra s’étirer.