I'm the thrill of the ride, I'm a place where to hide.
Comment ne pas croire que le voyage est la fuite, la chance de perdre un peu de soi en partant, oublier les squelettes du placard et les emmerdements maximums. Nous voudrions bien que dans cet ailleurs, l'aube nous montre d'autres beautés, en se réveillant aux côtés d'inconnus, en buvant le café matinal d'un air chaud, face à l'océan, dos au quotidien délaissé. Et si le voyage, et si ces ailleurs finissaient eux aussi par se transformer en une toile beaucoup trop serrée, où l'espace finirait par manquer, tous ces inconnus qui veulent prendre place dans un ordre dont on ne veut pas. Et si le voyage, et si le peu de soi que nous semblons perdre tous les milles kilomètres ne ressemblait qu'à une longue procession de délires esseulés, où chaque pas nous fait croire que le prochain sera plus fort, plus vivant, plus vrai. Pourtant, sur le bord du voyage, les placards se remplissent toujours de nos abandons.
Et si nous pouvions croire que cette fuite inavouée n'exclue pas la compagnie, celle qui sait être là pour quelques étincelles, qui s'éclipse sans bruit à la prochaine aube, pour revenir on-ne-sait-quand, mais qui reviendra oui, partager un peu de soleil dans quelques autres milliers de kilomètres. Et si le voyage et tous ses délires esseulés trouvait un écho pour faire semblant de fuir dans ces ailleurs qui nous ressemblent trop ? Pour que les prochaines aubes et ses cafés ne nous laissent pas ce goût amer d'être incomplets malgré les pas accumulés, malgré tous ces corps étreints, malgré chaque image forte enregistrée. La nouveauté s'éteint et nous partons vaciller ailleurs.
Instant bleuté par darkviolet.
Feuilles liées
- Suspendue, dans ces mondes Espoir que le temps se fige ou alors le courser...
- Délires intérieurs Lente redescente de l’euphorie de cette fin de semaine, la...
- Flux On ne devrait pas nier que la liberté de mouvement...
- Le visage caché du bocage Connaissance de la torpeur… Il fait bon se perdre dans...
- Fusion Expériences du passage d’un corps de l’état solide vers l’état...


Et si le changement était dedans, et si le voyage était dans la façon de regarder, et si la vie était sous nos yeux…